Trek dans le Parc national Nahuel Huapi

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5h30 : il fait encore noir dehors et déjà l’odeur du pain grillé a envahi l’espace restreint de notre cellule. Salomé ronchonne : le réveil à l’aube, ce n’est vraiment pas son truc… Mais bientôt nous sommes tous les quatre fin prêts pour entamer une belle boucle qui doit nous mener en deux jours de Kiosko Arroyo López (alt 850m) à Colonia Suiza .Nous passerons la nuit au refuge Manfredo Segre (ou refuge Italia) . (alt : 1613m)

7h30 : le souffle est déjà court alors que nous continuons de nous élever depuis un quart d’heure à peine dans une forêt de Lengas et de Coihues.  Olivier ne nous a pas encore rejoint car il est parti déposé le véhicule au village de Colonia Suiza (à 3km )qui sera notre point d’arrivée demain. Bientôt nous surplombons le lac Nahuel Huapi avec ses nombreuses îles : nos efforts sont récompensés.

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Lago Nahuel Huapi

9h00 : nous avons maintenant rejoint l’ancienne piste qui monte au refuge Lopez (alt 1670m) . Quelques lacets plus tard nous débouchons sur une vaste zone encombrée de blocs rocheux et nous découvrons le refuge et sa petite retenue d’eau qui brille comme un miroir. Il est 9h30 et nous nous accordons une pause au soleil, sur la terrasse.

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10h00 : Quelques fruits secs et cookies plus tard, nous attaquons la partie technique de la rando. Nous dépassons Yann qui range sa tente et son sac. (Nous l’avions rencontré à  Puerto Natales puis au Fitz Roy, avec son père ). Nous escaladons de grosses roches pendant plus d’une heure et demi. Les filles, comme d’habitude, adorent ces moment là. Nous suivons les gros points rouges et blancs qui balisent l’itinéraire. Nous contournons un petit point d’eau par la droite. Nous commençons à trouver des névés sur notre passage. Enfin nous atteignons la Punta Negra. Pause casse-croute ( ils font que manger ceux là!! ) derrière les ultimes rochers car après le vent va souffler…Yann nous dépasse et l’on se donne RDV ce soir au refuge.

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12h15 : Polaires, coupes-vent, gants et bonnets vissés sur la tête, nous basculons derrière la ligne de crête. Nous découvrons un paysage magnifique fait de pics acérés, de lacs d’altitude se déversant en cascades dans la vallée et de petits bois de conifères. Le vent siffle dans nos oreilles. Nous progressons prudemment car sous nos pieds les pierres ne sont pas stables. Il nous faudra une bonne demi-heure pour être abrités des rafales. On range les épaisseurs, on vient de gagner plusieurs degrés d’un coup. Dans le vallon, nous dépassons 4 randonneurs. Ce n’est pas la foule ici : depuis ce matin nous avons croisé 2 suisses qui redescendaient et, avec Yann, nous sommes pour l’instant 9 dans le même sens. Le chemin est maintenant plutôt bucolique, les fleurs roses, jaunes égayent le tapis de verdure. On zigzague entre les zones humides qui ressemblent aux pozzines de Corse. Quatre jeunes ont passé la nuit ici et achèvent de plier les tentes…le réveil a dû être tardif!! On se faufile entre les arbustes qui forment comme un tunnel. Puis la végétation s’éclaircit pour laisser la place à un sentier caillouteux mais sans difficulté technique, qui s’élève tranquillement.

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14h20 : les choses sérieuses commencent. Il nous faut enjamber les pavés d’une chaussée de géants.  Mais ces blocs de plusieurs tonnes sont bien entendu posés là sans aucun bon sens et à chaque fois il faut tester la stabilité, il faut allonger le pas, s’aider des mains pour atteindre la dalle suivante. La concentration est de rigueur, et au bout de 30 minutes nous sortons de ce passage délicat. Et bientôt, nous apercevons au delà de la Laguna Negra notre refuge du soir. C’est encore loin et nous pressentons que la fin va être coton!! Enfin, façon de parler, car c’est plutôt une partie toute minérale qui nous attend maintenant.

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15h00 : Nous abordons une descente dans un immense pierrier. Inutile de chercher les marques rouges et blanches dans ce secteur car les pierres plates bougent tout le temps sous le pas des randonneurs et toute tentative de marquage est vain. Alors chacun tente de trouver un passage pour progresser sans se faire coincer la chaussure par les cailloux taquins. Ceux-ci n’ont qu’une idée en tête : filer sous nos pieds ou nous immobiliser en ensevelissant nos chevilles. Un couple d’allemands progresse avec nous et nous sommes aussi indécis qu’eux quand à la trajectoire à choisir. Avec mille précautions nous retrouvons “la terre ferme “ et rejoignons les berges du lac d’altitude. Le refuge nous attend sur le bord opposé.

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16h00 : Nous contournons les eaux d’un bleu profond et bientôt les discutions animées d’un groupe d’ados parviennent à nos oreilles. Ils sont une bonne vingtaine à patienter, en faisant des ricochets, que tout le groupe franchisse un passage délicat fait de cordes et d’échelles. Nous comprenons enfin pourquoi les guides du Club Alpin de Bariloche (CAB) nous avaient annoncé que tous les lits du refuge étaient réservés. Du coup, nous portons les tentes depuis ce matin! Bref, ces jeunes sont bien sympathiques et ça fait plaisir de voir que tous les argentins ne sont pas scotchés devant leurs écrans…

16h45 : arrivée à la zone de camping. Ouf, quelle belle étape ! Elle réunit passages techniques variés et paysages à couper le souffle. Nous sommes unanimes pour dire que c’est la plus belle randonnée réalisée depuis le début du voyage. Le beau temps était de la partie et cela a contribué à la réussite de ce challenge. Par temps pluvieux, les passages de dalles deviennent certainement un enfer…

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18h30 : la chaleur du refuge Manfredo Segré nous accueille autour d’un bon repas. Nous partageons un verre avec Yann, puis très vite nous nous refugions sous la tente pour une nuit bien méritée.

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Le lendemain nous savons que la journée est bien plus facile (11 km ; D- : 816m ; D+ : 45m). Nous trainons un peu au réveil, profitons du petit déjeuner du refuge et quittons le camping vers 11h30. Au programme, 40 minutes de très forte descente puis nous longerons l’arroyo Goye, qui reçoit les eaux de la lagune Negra, jusqu’au village Colonia Suiza. Le parcours est peu vallonné. Nous traversons des bois de Nothofagus. Nous profitons de la pause de midi pour faire trempette dans la rivière.  A 16h00 nous sommes attablés à la terrasse de ” Cerveceria Berlina“. Cette brasserie installée providentiellement au bout du trek fait des affaires. Les sacs à dos et les chaussures des randonneurs reposent un peu partout et les mines plus ou moins fatiguées retrouvent le sourire après une bonne pinte. Yann est déjà là et nous passons la fin de journée ensemble,contents d’avoir découvert les sentiers de Bariloche, au pied de la cordillère des Andes, au bord des lacs glaciaires.IMG_6334IMG_6335

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En soirée nous retournons à Bariloche par une jolie route, nous dépassons la ville et passons la nuit dans la vallée Encantado, près du Rio Negro.

8 réflexions au sujet de « Trek dans le Parc national Nahuel Huapi »

  1. Bonjour à vous quatre.
    Un papi anonyme qui est heureux de vous voir heureux, parents et enfants.
    C’est que les  » miss » ne laissent pas leur part d’enthousiasme devant les difficultés .
    C’est beau à voir.
    Bonne continuation.

    • Bonjour,
      Merci pour ce gentil commentaire…nous sommes contents que notre bonheur soit partagé, cela nous encourage à continuer à publier.
      En rando, plus ça grimpe, plus ça glisse et plus nos filles sont motivées…à croire que c’est génétique. En tous les cas les enfants ont d’incroyables ressources….
      Salutations

  2. Coucou, et bien Salomé, aujourd’hui tu aurais dormi une heure de moins encore ! !!
    Changement d heure cette nuit ! .mais c’est tellement extraordinaire ce que vous
    Découvrez que ça vaut le coup de se lever ! !
    Bravo à tous les 4. Je vous embrasse tous

    • Bon tu as raison, on a très souvent de très bonnes raisons de nous lever du bon pied ici….mais cela dit, Salomé ne dirait pas non si la nuit durait 14 heures à chaque fois….on a une marmotte avec nous.
      Bises

  3. Coucou les le lay!
    Les recits sont supers et vos photos magnifiques!
    Je pense qu il n y a pas a vous bercer le soir
    Bises a tous

    • Salut les sportifs de l’ACRLP,
      Merci pour votre message.
      C’est vrai qu’après des journées comme celle là on dort comme des bébés dans notre tente. On est presque aussi fatigués qu’apres les inter-clubs…
      Bises à vous 2

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